
En l’absence des règles de l’art…
Par Mohamed Jebri
À la septième semaine de la diffusion du premier épisode du soap-opera Z’MEGRI sur les pages frontispice des murs de Facebook, il est grand temps de faire le rétro et de mettre la lumière sur les impressions que laisse ce labeur rébarbatif chez l’audimat. Expatriation, amours, trafic de stupéfiants, vagabondage et kidnapping, Selim Ben Hafsa alias ''Slouma'' qui, à l’occasion, endosse la casquette de réalisateur nous raconte de par son produit le quotidien trépidant d’une frange juvénile de Tunisiens domiciliés à la ville du design; Montréal.
L’histoire commence dans un appartement qui serait le logis de trois colocataires (Amine, Selim et Mourad) vénérant les abc de la cohabitation, sauf que le cours des choses fait tourner très vite le teint au gris lors de la chasse au tandem Selim et Hamma (un clandestin fugitif) par les bandits de la mafia parrainée par un perfide Tony au cœur des ruelles mal famés de Chinatown pour arriver au bout d’une septième dégustation de la fable à l’enlèvement indompté de la belle au bois dormant Sonia.
Durant l’évolution des faits, Si Ben Hafsa ne manque pas de nous communiquer le glamour de certains Tunisiens exilés rendus chevronnés dans la vente de l’ostentation bon chic bon genre à leurs congénères résidants en Tunisie. Une image lissée et raffinée à merveille autour des tournages aux grandissimes centres commerciaux alternant avec les tires rutilantes (Jaguar, BMW…) et les filles au quotient intellectuel tiré des rêves les plus lointains liftés via des idées absconses à croire dans la réalité palpable. Beaucoup trop d’ingrédients importés pour pimenter une sauce Tunisienne aussi simple à cuisiner. Non?
Et dire qu’une distance approximative de 6000km éloigne Montréal de Tunis, or que pour joindre la supercherie sérielle de Z’MEGRI au vécu réel de la communauté Tunisienne établie au Canada, il pourrait s’agir d’années-lumière comme ordre de grandeur!
Volet opératoire, l’équipe intégrale, ou à peu près met la main à la pâte quant au traçage du canevas ainsi que dans la rédaction du scénario quoiqu’il fût limpide que certains n’en font qu’à leurs têtes par le biais des improvisations. Le casting, très vacillant en raison de certains personnages-silhouettes tels Mourad retiré sitôt apparu, la cousine de Amine venue à son chevet lors de sa convalescence rajoutant une interprétation pour le moins médiocre sinon superfétatoire. Sans oublier Miss-Z’MEGRI (La maman de Adouma) marquée par un apparent jeu surfait et des propos balbutiants et orgueilleux surtout lorsque flattant l’éclat de ses cheveux, ce qui illustre merveilleusement le QI (sus-décrit) auquel nous nous sommes rendus.
En définitive, la présence féminine a balayé entre deux états d'âmes, tantôt dévergondé, tantôt pudibond et réservé. De surcroit, certains passages incongrus inspirent la vacuité comme la conciliation inintelligible et énigmatique de Hamma et Amine (qui soit-dit-en-passant est très artificiel et maniéré). Lesquels plongent l’audience dans l’absolu. Le concept effleurant les Bad Story Boards des seventies, pauvre en travellings de caméras et modeste en redu des cabotins a failli à la finalité même du soap-opera que représente Z'MEGRI, diffusé, comme la nouvelle tendance l’exige sur le plus abouti des sites de partage et des réseaux communautaires.
Certes, Z’MEGRI a séduit, par son originalité et son aspect inouï bien qu’il n’a convaincu, ni dans le fond, ni dans la forme par son contenu enrobé dans un balluchon Ronald Mc Donald. Son franc succès demeure pour le moment présent, sous réserve de plusieurs préalables, commençant avant tout par le respect des règles de l’art les plus rudimentaires. Signalons finalement que la bande originale arrangée par Phiras Louati ,qui, de sa part, a réussi à coup sûr sa besogne était plus qu’originale et que ce dernier mérite amplement une fière chandelle. Chapeau bas!
En attendant, Selim Ben Hafsa doit essuyer la brume des objectifs de ses caméras et distancer davantage sa focale pour regarder la réalité en face ainsi que pour formuler une nouvelle optique moins Z’« MAIGRIE » du vrai Z’MEGRI. Qui plus est, Tunisien et fier de sa Tunisianité…
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire